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BREAK UP

Note d’intention

Photo du tournage

Photo du tournage,première séquence du film.

Notre économie met un prix sur tout. Tout est en vente, tout s’achète. Nous avons poussé cette tendance à l’extrême en imaginant Break-up, une entreprise qui fait commerce de nos petites lâchetés, prend en charges nos peurs et agit à notre place.

Break-up, sur fond de comédie, ose les sujets gênants, grinçants, et les dissèque sans concessions. La série joue avec le politiquement correct et flirte malicieusement avec le point d’acceptation du spectateur. « Comment vont-ils s’y prendre pour résoudre la mauvaise nouvelle du jour ? »

Les personnages de Break-up sont traités avec un souci d’authenticité et de réalisme. Leurs peurs et incapacités sont les nôtres. Ballottés entre leurs espoirs et leurs déceptions, leurs réussites et leurs échecs, ils évoluent au fur et à mesure des épisodes. Si on rit d’eux, ils ne sont jamais ridiculisés ou disqualifiés.

Les clients et les victimes des mauvaises nouvelles de Break-up ont des faiblesses, des limites, des angoisses, mais n’en sont pas moins sympathiques et bourrés de tendresse. Les récurrents de Break-up font leur travail avec panache même si ce ne sont pas de glorieux héros. Les missions sont difficiles, les succès sont de courte durée, mais les interventions leur tiennent à cœur et ils font tout pour les résoudre. Ils sont attachants, complices, jamais moralisateurs ou accusateurs.

Les dialogues sont acides, absurdes et drôles. Le ton est quotidien, familier nos personnages vivent et s’expriment dans le langage d’aujourd’hui.

Break-up met le spectateur face à ses noirceurs. Elle le fait dialoguer et rire avec ses démons. On y croise des individus de toutes les couches sociales, du chômeur au cadre dynamique, confrontés à des situations délicates. Le spectateur se questionne : qu’aurais-je fait à leur place ?

Les scènes commencent toujours au cœur de l’action. Les dialogues s’emploient à ne pas être explicatifs. Les personnages sont toujours en mouvement. L’action accompagne leurs dialogues et les raconte dans leurs névroses. Rien n’est posé au hasard : une phrase, un fait anodin sur le moment peut prendre toute son importance dans les épisodes suivants.

Break-up recherche un style réaliste : tout doit converger pour que les situations soient criantes de vérité. L’écriture appelle une réalisation fluide et un cadrage dynamique. La caméra, steadycam ou caméra au poing, est rarement fixe. Réactive, organique, elle introduit le spectateur au cœur de l’action. Le montage est rythmé, efficace.

L’image est très soignée, chaque lieu bénéficie d’une esthétique propre et d’un traitement de lumière particulier. La ville, les interventions de jour, profitent de tons vifs et colorés. En revanche, le bureau, les interventions en intérieur exploitent des tons froids, sombres et bleutés. Les interventions de nuit, peu éclairées, enrichissent encore plus l’aspect visuel.

Paris transpire tel qu’il est, avec sa folie, ses bruits, sa saleté, ses extrêmes et son métissage culturel. Toutes les catégories sociales défilent à Break-up. Les personnages de la série reflètent la diversité ethnique du monde d’aujourd’hui.

Break-up, sur fond de comédie, se nourrit de nos frustrations, pose un regard acerbe sur nos lâchetés, et questionne avec humour une époque qui galope vers l’absurde…

Guillaume Cremonese et Stéphanie Sphyras