BREAK UP
La photographie de Break-up
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L’approche photographique de Break up trouve son origine dans le caractère particulier du scénario. Sa durée m’a permis d’aborder le projet comme un moyen métrage, conforté en cela par sa structure fermée et autonome. C’est donc avec une certaine liberté que j’ai pu concevoir la structure lumineuse du film, en m’autorisant des ruptures de tons entre les différentes séquences tout en gardant un souci de cohérence pour l’ensemble du projet, attitude bien souvent proscrite pour les courts métrages.
C’est ensuite la nature du film ainsi que la volonté des deux réalisateurs de s’écarter des stéréotypes photographiques des séries françaises qui ont déterminé son identité lumineuse. Cette dernière s’est construite en opposition à la perception habituelle du genre de la comédie, l’accent étant mis ici sur la noirceur des situations et des personnages. C’est donc le refus d’une certaine « joliesse » qui a conditionné la conduite photographique du film.
Mon utilisation du contraste, de la couleur et de la densité a donc été modulée tout au long du tournage par le concept de « comédie grinçante », termes antinomiques devant s’incarner dans les images du film : les couleurs vives de l’agence sont contrebalancées par un contraste marqué et une densité forte, la luminosité des extérieurs et des appartements des clients est contrariée par des couleurs fades, à une lumière flatteuse répond la médiocrité des personnages et inversement.
Quant au choix du 16/9ième, il ne se conforme pas à un désir de se rapprocher d’un format cinématographique et ne procède pas non plus d’une opposition à un format largement usité en télévision, mais à l’intention de faire correspondre une tension dans le cadre à celle- systématique- s’installant s’entre les personnages. Les cadres fixes, les reaction-shots ainsi que les silences participent aussi à la matérialisation du malaise sous-tendant l’intégralité du film.
Le travail du cadre et de la lumière de break up a été à la mesure des ambitions du scénario et de la mise en scène, en vue d’une incursion des qualités du cinéma dans un projet télévisuel, deux médias qui d’ailleurs semblent de plus en plus proches.
Hoang duc NGO TICH ( Chef opérateur)
