Accueil du site > BREAK UP > La musique de Break-up

BREAK UP

La musique de Break-up

copyright Vincent Lendower

Des intervenants sont censés annoncer de mauvaises nouvelles à des personnes diverses. Celles-ci passent ainsi par une large gamme d’émotions et de sentiments avant, pendant et après l’annonce. C’est ce décalage que je veux exploiter dans les génériques du film, ceux-ci doivent en effet à mon sens présenter « efficacement » et donner le ton du film.

Pour ce faire, je cherche à jouer sur les contrastes et la surprise qu’ils peuvent sus- citer chez l’auditeur, appuyant également sur le côté ironique et ammoral que peut revêtir l’action de la société « Break-up ». Ainsi, alterner des moments très énergiques et rythmés avec d’autres plus aériens me semblerait judicieux. J’opposerai 2 masses : l’electrique : basse qui slappe, rhodes, batterie, sons electroniques et l’acoustique (quatuor à cordes, piano, cuivres). Ces deux masses seront coordonnées par la voix chantée, parlée (rap ou slam) , se transformant en cris sauvages aux moments les plus inattendus.

Bien entendu, l’opposition se fera sur plusieurs plans ou strates, en superpositions, décalages et suivis linéaires où les nuances seront mises à l’honneur. Divers mo- ments de silences ajouteront à mon sens à la dynamique de la pièce. J’imiterai au piano une petite comptine, proche de la berceuse, qui peu à peu son- nera de plus en plus « faux » , progressivement, divers éléments seront rajoutés dans les cordes de l’instrument (cartes bleues, Cd, règles, lunettes...), afin que le son se déglingue peu à peu, ceci venant appuyer l’aspect ironique du film.

Bien entendu, la musique du film ne peut à mon sens exister dans ce type de projet qu’une fois que le montage est en cours de réalisation, afin d’en dégager les subtiles articulations, ce document ne peut que montrer dans les grandes lignes les directions du travail d’échange avec le réalisateur. L’enregistrement est de plus fixé après le montage final.

Concernant le film en lui-même, j’agirai par touches, en jouant avec ces deux masses successives, cherchant particulièrement à ne pas tomber dans le figuralisme et la redondance, appuyant des scènes où le visuel est déjà très prégnant. Le côté pulsé se superposera aux scènes sans trop de dialogues. Par contre, les thè- mes seront sujets à des variations, ma matière première est le générique d’où tout découle.

En dernier lieu, je me réserve le droit de tenter quelques experiences improvisées à l’image, moi-même en tant que pianiste, ou en compagnie des musiciens, habitués pour la plupart à l’improvisation autour de structures pré-définies telles que des grilles ou des ostinatos, afin de rajouter un caractère spontané que l’on peut perdre dans l’interprétation de haute voltige, bien des musiciens pratiquent le studio et découvrent la partition le jour même .

Vincent Lendower(compositeur)